Kinky Lab N° 2 : Négociation et Limites dans le BDSM.

Les propos ci-dessous, sont anonymes et issus d’un débat public. Ils ont été recueillis lors du Kinky Lab – Munch à Thème N° 2 ayant eu lieu le 11 Mars 2016 à Lyon et ayant pour thème « Genres et sexualité dans le BDSM ».

Lors de la discussion, le terme « négociation » a souvent été repris, remis en cause, redéfini… Dans le « jargon » BDSM, et d’ après Wikipedia, dans le BDSM, « Negotiation is a discussion about what is acceptable and what is off limits between partners. It is a crucial element for consent within the BDSM subculture. Negotiation can be formal with a complete checklist of acceptable and unacceptable acts. It can also be informal or ad hoc as part of the regular flow of a relationship.(…) Clear negotiation for consent is the norm. »

Une petite traduction sauvage : « La négociation est une discussion à propos de ce qui acceptable et ce qui dépasse les limites des partenaires. C’est un élément crucial du consentement dans la sous-culture BDSM. La negotiation peut être formelle, avec une checklist de ce qui est acceptable ou non. Elle peut être informelle, ou faire partie du quotdien de la relation. (…) Une négociation claire du consentement est la norme. »

Dans tout le compte rendu, « négociation » est a prendre au sens bdsm du terme, et non commerciale ou politique…

Entre guillements, vos interventions.

Pourquoi et comment négocier ? Qu’entend on par « négociation »

Ce qui est posé par ce terme « négociation », c’est un cadre formel particulier qui permet de parler, un cadre hors du jeu, et hors du quotidien dans lequel se libère une certaine parole.

Pour beaucoup, le mot « négociation » évoque un marchandage, un rapport de force qui n’est pas souhaitable. On lui préfère le terme de « disscussion », ou chacun-e est à égalité. Les partenaires doivent se sentir libres et en confiance durant cet échange.

Parler sur un pied d’égalité, « y a- t- il un-e dominant-e et un-e dominé-e dans la négociation ? »

Négocier, parler, discuter : avant d’être une relation BDSM, c’est une relation dans laquelle on essaie de communiquer sur un pied d’égalité pour ensuite pouvoir jouer et vivre des rapports de pouvoir de façon consentie.

Cependant, certains aspects de la relation peuvent empêcher une négociation franche ou rendre l’utilisation du safeword difficile : D’un côté, les sentiments que l’on éprouve pour l’autre, la peur de la-le perdre, l’envie de faire plaisir ; de l’autre côté l’insistance d’un-e partenaire induis une pression à accepter certaines pratiques.

A propos de la sécurité

Les limites sont importantes pour des raisons de santé, d’intégrité physique.

On peut distinguer les hard limites : limites infranchissables, et les soft limites : limites pouvant être dépassées, ou frôlées, selon les circonstances, les personnes.

A noter que l’infranchissable n’est pas universel. Ne jugeons pas les limites des autres, tant qu’elles respectent les lois.)

 

Comment négocier ?

De façon plus ou moins informelles. Ces moments de négociation sont différents selon les personnes, et selon les moments de la relation.

On peut passer par une liste, écrite ou orale, un temps de négociation très formel. Les retours des participant-e-s étant qu’ils / elles préfèrent des discussions informelles, permanentes, et être à l’écoute de leur partenaire pour conserver la spontanéité et la surprise.

Le risque est malgré toute l’écoute et l’attention que l’on peut avoir, de dépasser ses limites, ou celles de l’autre, briser la confiance, créer ou vivre un traumatisme…

A tout moment, la / le bottom peut interrompre le jeu en utilisant le safeword, si il a été convenu auparavant.

 

« Faut- il faire des concessions ? Et peut on avoir du plaisir à en faire ? »

En effet, les envies des partenaires ne se correspondent jamais parfaitement, il y a toujours des ajustements à faire. Il y a aussi du plaisir à repousser ses limites, par altruisme, par confiance aussi.

Nuance entre dépasser et repousser les limites.

Ce qui ressort de toutes les interventions, c’est que rien n’est figé. Nos limites et envies changent selon les jours, les partenaires, les moments de la relation… Il y a une notion d’instinct, intuition du moment, pour les primals, et les switchs présents.

Comment négocient les switchs ? « il y en a toujours un-e qui a plus envie de perdre que l’autre. »

 

Limites et manquement de la négociation

La meilleure des cheklists ne dispense pas d’être à l’écoute de l’autre. Pour des raisons affectives (sentiments pour l’autre, ), émotionnelles (endorphine, subspace..), il est parfois difficile d’être à l’écoute de soi avant ou pendant le jeu. « Les limites entre ce qui est supportable et ce qui ne l’est pas sont minces, dans la douleur physique, l’humiliation.. ». Etre à l’écoute pour le-la top est tout aussi important que la phase de négociation.

Nous n’avons pas évoqué l’aftercare, et l’après- jeu, qui prépare déjà, si les partenaires le souhaitent, un prochain jeu. (définition)

L’un des participants à préciser son propos suite à ce

« Quand je dis que je n’ai aucune limite, c’est à l’intérieur d’un cadre particulièrement contraignant qui repose sur
– le respect intégral de la personne et de son libre arbitre
– l’effort nécessaire de connaissance
– la sauvegarde de son intégrité physique et mentale
– l’égalité de droit entre les partenaires.

Ainsi, les limites se font jour au gré du dialogue qui construit la relation, et elles ne sont pas posées par principe. Mais aucune pratique ne peut déroger aux quatre points précédents. Les pratiques n’étant finalement que le média qui permet d’échanger des envies, de les équilibrer, de les opposer dans la sécurité fondamentale de chacun et elles dépendent de la conjuguaison unique des deux individus »

Toutes les limites sont elles faites pour être dépassées ?

Certains fantasmes peuvent rester à l’état de fantasmes, et tout de même « nourrir l’imaginaire érotique, la création artistique. »

Que se passe quand il n’y a plus de limites ?

« Est ce que plus, c’est mieux ? »

« Envie de prendre plus que ce que l’on donne, sans aller là où c’est réellement dangereux. »

 

Conclusion

sécurité physique et affective

Négociation et limites sont à à l’image de la relation : différentes si on se connait depuis deux semaines ou deux ans. De toute façon limites évoluent tout le temps, tout est à remettre en question, écoute nécessaire, de soi- même et de l’autre. La confiance est essentielle. Les sentiments, la peur de décevoir ou de perdre l’autre, les pressions ont un effet contraire de ce qui est recherché !

Repoussez / frolez les limites, ou jouez dans l’immensité des choses permises…

 

Bibliographie : 

Site en anglais, qui donne une petite liste de questions intéressantes à (se) poser avant le jeu http://www.evilmonk.org/a/wiseman10.cfm

“L’art de se soumettre”  et “L’art de dominer” de Dossie Easton, Janet Hardy

 

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.