Des soumis et des hommes

L’un de nos premiers munch avait pour thème  » Dominant, soumis, qui gère qui, qui fait quoi ». Un prétexte pour parler des rôles : des dominants, des soumis, mais également des switchs, sans parler de tous les gens qui se cherchent encore. Et récemment twitter m’a mis la puce à l’oreille et je me suis remis à réfléchir sur une simple question : pourquoi n’y a-t-il pas plus d’hommes soumis ?

Homme soumis

Les hommes dominants sont nombreux et très visibles. Le paradoxe c’est qu’ils semblent être beaucoup plus nombreux que les soumises qui sont en fin de compte « une denrée rare ». Pour les dominas, les plus en vues sont les professionnelles, celles qui vendent leurs services et font donc leur publicité sur les réseaux sociaux. Celles qui ne dominent pas pour de l’argent sont soit rares, soit plus discrètes. Mais deux catégories de personnes ne sont pas du tout visibles : les switchs et les hommes soumis.

Les swicths sont ceux qui passent d’un rôle à l’autre, endossant parfois le rôle de dominant et parfois le rôle de soumis. Cet échange de rôle peut avoir lieu au sein même d’un couple, mais le plus souvent c’est avec une personne différente que le rôle changera (un dominant qui se soumet perd parfois sa « crédibilité » auprès de son partenaire). A l’image de la bi-sexualité, c’est une catégorie souvent décriée parce qu’on ne la comprend pas toujours. « Pas stables », « pas clairs », « changeants ». Les switchs sont également en concurrence directe à la fois avec les dominants et le soumis et il est possible qu’on les envies du choix dont ils disposent. Au final les rôles ne sont pas établis à vie et la connaissance de ce qu’on ressent dans les autres rôles est un plus.

Homme soumis

Pour les soumis, j’entend par là les hommes soumis, le « problème » est différent et en partie sociétal : lorsqu’on est un homme, on se doit d’être fort, on n’a pas le droit de pleurer on ne se soumet pas. Ou alors on est un  »pédé » La soumission est donc considérée comme un signe de faiblesse et est associé à la femme et « c’est d’ailleurs normal pour elle ». La soumission en elle-même est considérée comme une chose extrêmement négative car on n’envisage quasiment jamais le fait que ce soit une position dans laquelle on peut s’épanouir et encore moins que la soumission soit signe de force. En conséquence les soumis se cachent. Ils se cachent même parfois derrière une étiquette de dominants pour venir « en off » solliciter la domination d’une autre.

Le cas des dominas est un peu similaire : Dans la société actuelle la femme se doit d’être soumise à l’homme. Une femme ne peut aimer dominer qu’en étant professionnelle. Et encore dans ce cas là on l’apparente souvent à de la prostitution. Mais non. Certaines femmes aiment dominer et de nombreux hommes recherchent cette situation.

Sous des airs d’ouverture, notre société reste extrêmement sexiste et normée et je regrette beaucoup cet état de fait. Au final, ce que nous offre le BDSM c’est bien la possibilité d’être ce qu’on est vraiment, et je trouve triste que la diversité que je constate dans les rendez-vous IRL ne se retrouve pas plus sur les réseaux sociaux. Je ne parle pas de Fetlife qui donne un vrai choix, même celui de ne pas se positionner (avec des proposition comme undecided ou exploring)

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