Araki : Des fleurs, des femmes,de la transgression

Du 13 avril au 5 septembre 2016 a lieu au Musée Guimet de Paris une très belle exposition sur le photographe japonais Nobuyoshi Araki

Araki Guimet

Nobuyoshi Araki  c’est d’abord un visage : un “petit vieux” japonais aux lunettes rondes et aux cheveux blancs qui remontent sur le côté en lui donnant un air de héro de Manga. C’est surtout un photographe prolifique, auteur de près de 500 ouvrages.

L’artiste est né au Japon en 1940. Son père pratiquait la photo et le jeune Araki a très tôt hérité de cette passion. Mais contrairement à lui, il choisi d’en faire son métier, en intégrant une agence de publicité au début des années 60. Il épouse Aoki Yōko en 1971, ils vivront ensemble jusqu’à la mort de cette dernière en 1990.

L’artiste a toujours “shooté” en argentique (on dit d’ailleurs que Nobuyoshi a stocké assez de pellicules argentique pour pouvoir prendre des photos  jusqu’à la fin de sa vie). En bas de certaines de ses photos est indiqué la date comme on pouvait le faire au début du numérique. Mais là où tout à chacun avait envie de pouvoir dater ses photos de vacances, les dates indiquées sur les photos de Nobuyoshi marquent simplement l’écoulement du temps. Son rapport à la pellicule est particulier, au point qu’il a développé des pellicules stockés en extérieur ce qui a donné un résultat tout à fait original. L’artiste a également utilisé le Polaroid comme support de certaines de ses photos. 

L’exposition du musée Guimet montre bien les trois axes de travail de l’artiste : Tokyo, le sexe et la mort. Elle s’ouvre sur de magnifiques gros plans de sexes de femmes de fleurs, parfois poilues, parfois suintantes, parfois sanglante, comme celle de l’affiche de l’exposition. Des photos quasi érotiques si on les regarde avec l’oeil de l’artiste.  Elle s’enchaîne sur deux séries retraçant des moments importants de la vie de Nobuyoshi : « voyage sentimentale », le voyage de noce de Araki et de Yoko, et « voyage d’hiver », des photos poignantes datant de la période proche du décés de son épouse. Sur ces clichés Yoko n’apparaît que très peu, mais des photos du quotidien de l’artiste émanent tout de même une réelle émotion.  La mort sur fond de paysage de Tokyo, en toute saison et par tous les temps.

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Les salles suivantes montrent une série de femme encordées. Car l’artiste est également attacheur “adepte du Kinbaku”* , l’exposition nous montre des femmes alanguis, souvent sans expression. Contrairement à ce que la censure permet en général les poils pubiens sont apparents. Les photos de femmes nues sont nombreuses et on sent dans ces photos que les cordes ne sont pas un accessoire comme un autre, mais qu’il aime tout simplement le sexe et le bondage. 

*Araki est pour moi plus adepte du Shibari que du Kinbaku.  Les deux mots sont très proches, mais le second comprend une dimension d’échange entre le model et l’attacheur que je ne retrouve pas dans ses photos.

L’exposition s’achève sur des séries de photos diverses : des portraits, de scènes urbaines, des paysages. On sent bien l’œil du photographe, l’appareil toujours en bandoulière et prête à déclencher. Des photos plus sombres, sans doute dû au fait que l’artiste est atteint d’un cancer.

Au final nous sommes allé au Guimet pour les cordes, nous y avons découvert un artiste dont l’univers m’a beaucoup touché. Les photos de Araki sont souvent transgressives, son œuvre est très « sexuée ». Elle ravira les amoureux du Japon, des femmes, et des cordes.

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