Shibari : les principes qui font parler

Le shibari est une pratique très à la mode : un art ancestral, esthétique, socialement très acceptable. Un art qui ne se cache plus, qui se montre dans les clips musicaux et s’expose dans les musées. On a vite fait d’oublier son origine, militaire, sexuel, et qui a pour but de contrainte et de torture.

Coconut Rope

Corde en noix de coco utilisé pour le Semenawa

Et même si le Shibari semble être une activité « simple » (elle ne nécessite qu’une corde et un model pour être pratiquée) sa mise en oeuvre fait débat sur un certain nombre de points :

Il est possible de de pratiquer le bondage avec quasiment « n’importe quoi », de la cravate en soie à la chaine en métal en passant par de la corde en coton. Chaque matière a ses avantages et ses inconvénients. Mais le Shibari se pratique traditionnellement avec des cordes de jute ou de chanvre. Ce sont des cordes souples et résistantes. Leur frottement sur la peau brûlera beaucoup moins que le coton. On parle beaucoup de noeuds quant on parle du bondage mais en réalité ils sont souvent assez rares. On leur préfère des frictions et des blocages qui vont empêcher la corde de glisser et qui rendront le model beaucoup plus facile à détacher. Le jute permet donc un ligotage aisé, et plus sûr que d’autres matières comme le coton, la soie ou le synthétique. A noter que le chanvre a souvent une odeur assez forte (dû aux traitements dont il est l’objet) ce qui en incommodera certains.

Les cordes naturelles sont en généra traitées pour conserver leur souplesse et les éviter de vieillir trop rapidement. Les recettes sont nombreuses, certainement aussi nombreuses que les attacheurs : on fait bouillir, on tend les cordes, on les passe au feu pour brûler les « petits poils », on les traite avec un mélange de cire, ou d’huile. Quelques-uns vont même jusqu’à ajouter quelques gouttes d’huile essentiel pour jouer avec les sens de leur partenaire. Comme en cuisine, chacun à sa recette.

shibari

Les cordes sont également coupées à une longueur « standardisée ». La encore il y a souvent débat :  La longueur communément acceptée est 8 mètres. Certains utilisent des cordes plus longues (parfois 10 ou 12m) et il est préférable d’avoir sous la mains des cordes plus courtes pour palier à certaines situations. De même que pour le choix de la matière, la longueur n’est pas dû au hasard : Elle permet de faire un harnais de poitrine avec deux cordes sur un model asiatique. On pourra arguer que la physionomie des occidentales est différente et qu’on pourrait augmenter la longueur, mais il serait alors plus long de tirer ses cordes (dans le Shibari on tire toujours ses cordes). 8 m est donc un bon compromis. Mais là comme ailleurs le dogme est à connaître pour ensuite le s’en détacher.

Les oppositions ne s’arrêtent pas là : Le shibari suppose que les mains de son model doivent être attachées, même si ce n’est pas systématique. Il est possible d’attacher au sol, de suspendre son partenaire et même de pratiquer les semi-suspensions : le shibari « au sol » et souvent plus sensuel, moins physique que la suspension qui suppose souplesse, force et endurance. La semi-suspension est un bon compromis. Moins dure que la suspension elle permet tout de même les déséquilibres et des positions plus ouvertes que lors d’une séance uniquement au sol.

A sea of trees

A sea of trees

Par delà la technique, la matière des cordes, leur longueur et leur traitement le plus important dans le shibari, et encore plus quant on parle de Kinbaku c’est la connexion entre l’attacheur et son partenaire. Le « motto » de Bruce Esinem est « Tying People not parcels » : Attacher des gens, pas des colis. Une session de shibari est un dialogue entre l’attacheur et l’attaché(e). C’est avec cet esprit connexion que l’attacheur doit aborder une session. Et même si Kinoko Hajime attachent des rochers ou des arbres (l’image ci-dessus-, c’est avec un esprit de communion tout asiatique qu’il procède.

Pour illustrer cet article, nous préparons un troisième volet consacré aux acteurs contemporains du Shibari.

N’hésitez pas à dire dans les commentaires quelles sont vos préférences en matière de ligotage japonais. 

 

 

 

3 commentaires

  • Bonjour,

    Je découvre votre blog et je le trouve très intéressant, différent de ce que j’ai consulté jusqu’à présent.

    Dans votre rubrique « bons plans, accessoires… » vous donnez le lien de MyNawashi sur Etsy. Ces cordes sont-elles prêtes à l’emploi ou faut-il leur faire subir un traitement maison avant l’utilisation ?

    Bonne journée,
    Anaëlle

  • Coucou Gabriel, moi ce que j’aime beaucoup c’est l’idée de nawa-do « chemin des cordes », une voie qui est propre à chaque shibariste. Une progression personnelle, libre, suivant différentes inspirations.

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