Kinky Lab N° 5 : Les bienfaits du BDSM

Les propos ci-dessous, sont anonymes et issus d’échanges en public. Ils ont été recueillis lors du Kinky Lab – Munch à Thème N° 5 ayant eu lieu le 07 Octobre 2016 à Lyon et ayant pour thème « Les bienfaits du BDSM »

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Avant le débat nous avions proposé des exemples et  des pistes de réflexions pour aider les participants à participer aux échanges :

  • Qu’est ce que le BDSM vous a apporté de positif ?
  • Quelles expériences vous ont particulièrement transportés ?
  • Quelles pratiques vous font du bien ?
  • Avez-vous renoncé a des a priori négatifs sur le BDSM en vous confrontant à sa réalité ?
  • Est-ce que le rapport à votre corps, vos besoins, vos désirs, ont évolués ? Comment et pourquoi ?

Chacun était libre de s’exprimer en écrivant sa pensé sur des morceaux de papier, rassemblés, lus et débattu par toute l’assemblée. Les questions sont reportées ci dessous sous forme de titre, les réponses retranscrites de la façon la plus neutre possible. 

Le BDSM Permet de parler de ses fantasmes « Déviants »

« Opposition de la déviance et de la  norme : Le BDSM est un espace de liberté, de respect de l’autre qui permet justement des pratiques considérées comme anormales. « 

Quelqu’un fait remarquer que la déviance peut également être attirante pour certaines personnes.

« Dévier c’est sortir du droit chemin. Ca permet de jouer avec la norme et la transgression. »

Pour un intervenant la communication permet d’arriver au BDSM. Cependant parler sans être jugé est possible, mais pas tout le temps (dans un monde idéal). Et les déviances des uns ne sont pas les déviances des autres.

« Le BDSM n’est pas une transgression de la norme mais égal au monde vanille. La déviance est un jugement moral qui ne représente pas un « absolu » »

« Le BDSM permet la recherche du plaisir de l’épanouissement personnel. L’épanouissement est supérieur à la règle commune qui nous oppresse les uns et les autres. La souffrance d’être brimé et à laquelle on n’adhère pas. »

« LE BDSM est une partie de moi, c’est comme ça que je me réalise et je ne considère pas ce que j’aime comme pervers »

Comment le BDSM vous a-t-il permis d’explorer votre féminité / masculinité ?

C’est un homme d’un certain âge, travesti qui a lu la question. Il nous a donné son témoignage : « Il y a quelques temps j’étais un homme, j’appartiens à une maitresse qui a décidé de me travestir. Au début je ne voulais pas. Je pensais que c’était trahir la Femme que de me travestir. Ca a été une révélation. Je vis ma féminité complètement. Je me sens femme, et c’est quand je suis homme que je suis travesti » Alors qu’il ne se sentait pas dominant quant il était homme, il switch maintenant.

« Le BDSM m’aide à apprécier mon corps d’homme. Je préférerais un corps de femme. Dans le BDSM mon corps me pose moins de soucis. »

Après un rapide sondage on s’interroge sur le rôle de la société dans le rôle que l’on joue dans le SM :  la masculinité est souvent associé à la domination, la  féminité à la soumission.

Se soustraire au code moraux

« J’ai le sentiment de me soustraire aux codes moraux. Mais ça dépend de ce qu’on considère comme moral. »

« Je me définit comme immorale mais pas comme amorale : j’ai ma propre morale. La morale n’épanouit pas, elle interdit. Ca renvoi à la place de l’homme et de la femme dans la société. Le jeu (sous-entendu la pratique du BDSM) permet d’ignorer ces règles, de se libérer d’un carcan qui nous oppresse. La morale est un ennemi sociale qui nous empêche de nous assumer. »

« Qu’est ce que la morale ? : si c’est consenti, qu’on se respecte, qu’on se fait du bien, comment ça peut être amoral ? Il ne faut pas confondre la morale et la norme. »

« La bourgeoisie est construite sur une schizophrénie : ce qu’on affiche qui s’oppose à ce qu’on vit : Le bon père de famille qui fréquente les prostituées, les entrepreneurs qui licencient et qui donnent à des oeuvres de charité pour se donner bonne conscience. La morale est une construction de la société. Le BDSM nous oblige a construire notre propre éthique »

LE BDSM ne doit pas être approuvé et ne doit pas avoir de morale.

Comment gérer le consentement avec les gens qui veulent qu’on les force

« Notre BDSM s’exprime dans une certaine société. Il y a toujours un en dehors du BDSM où les être humains sont « égaux » et la  possibilité de sortir du cadre BDSM »

On nous fait remarquer qu’il y a deux tendances dans le BDSM :

  • Le SSC = Un BDSM Sain, sûr et consensuel où tout est établi avant la séance 
  • Le RACK = Les protagonistes sont au courant des risques. Il y a une notion plus grande de responsabilité.

« Dans tous les cas la responsabilité incombe aux deux personnes ». La question semble paradoxale mais dans les faits le dialogue règle les choses. Le consensus arrive.

Une question est posée : « Les personnes qui aiment qu’on les force sont elles strictes au niveau du consentement ? » Il faut d’abord un consentement et surtout un safeword (ou un geste prédéfini). « Dans mes pratiques le consentement est au premier plan. »

Le BDSM est  thérapeutique : il me permet d’explorer mes pulsions et de me déculpabiliser sur ma soif de domination et de sadisme. Il m’a aidé à maitriser ces pulsions dans un contexte sécurisé. 

« ça m’a permis de m’accepter. J’ai besoin que les choses soient cadrés et c’est le premier endroit où j’ai trouvé ce dialogue. Et j’ai trouvé ça libérateur. »

Fetlife biaise les choses : on  écrit des choses qui peuvent être considérées comme un « contrat ». Quelqu’un demande si la relation en ligne permet le consentement. On lui répond que la profusion de sites de rencontres ne favorise pas les rencontres. Le dialogue commence en présence de l’autre.

Néanmoins Fetlife permet pleins de réflexions et de partage d’expérience. Cela permet de se rassurer sur les pratiques

LE BDSM m’a appris : à jouer comme un enfant mal élevé, à asphyxier, taper, insulter, cracher, encorder, pisser (et couper et bruler) sur quelqu’un en toute sécurité. Il m’a apporté un réseau pour parler de saloperie. Et qu’une pratique peut être sensuel, sans sexe ou presque (j’adore toucher !)

Un mot important dans cette liste : l’Apprentissage. « On est content d’apprendre des choses pratiques. De même que pour la sécurité : c’est important et ça s’apprend. »

« Pour moi le BDSM c’est effectivement est intellectuel »

Aspects positifs :  l’altruisme et l’empathie

« Ce que j’aime dans la domination. c’est être dévoué à la soumise, je veille sur elle, et je l’accompagne. C’est très stimulant. Et ça va la mettre dans de bonne dispositions pour avancer »

L’empathie ne s’arrête  pas à la séance. L’altruisme c’est le plaisir partagé.

Transporté par la fessée au milieu d’autres personnes.

Un couple de nouveaux venus s’exprime sur ce sujet : « On joue tout les deux depuis un moment et c’est ce qu’on cherche ce soir : à rendre nos pratiques publiques et pourquoi pas jouer en public » Leur annonce a été accueillie avec enthousiasme.

Le BDSM a eu pour moi une vertu libératrice en offrant un double espace à mon analyse :

« Espace de tous les jours » et « Espace BDSM » Le double espace permet d’avoir une deuxième dimension de son soi.

« Le BDSM est un cheminement. Les pratiques ne sont pas importantes Ce qui compte c’est la fin et la transcendance de ces deux temps ».

D’autres sujets on été abordés plus rapidement :

  • « Martinet et fouet je kiffe grave ».

  • Le BDSM permet de partager avec un partenaire une expérience riche.

  • Il permet de rencontrer des personnes aux fantasmes divers. 

  • Ca m’a permis de me réapproprier mon corps et les sensations.

N’hésitez pas à commenter cet article et en nous disant ce que le BDSM vous a apporté.

Un commentaire

  • Ce que le BSDSM m’a apporté : du bonheur, de la liberté, de la joie,énormément de partage : des rencontres !, différentes techniques, *de la beauté*

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