Kinky Lab N° 6 : BDSM et sensualité

Les propos ci-dessous, sont anonymes et issus d’échanges en public. Ils ont été recueillis lors du Kinky Lab – Munch à Thème N° 6 ayant eu lieu le 04 Novembre 2016 à Lyon et ayant pour thème « BDSM et sensualité  »

bdsmetsensualite

Avant le débat nous avions proposé des exemples et  des pistes de réflexions pour aider les participants à participer aux échanges :

  • La sensualité a-t-elle sa place dans la fureur de vos ébats sm ? Êtes vous plutôt “contrainte continue” ou plutôt mélangée à de la douceur pour mieux repartir ?
  • Quelles matières / accessoires vous apportent les sensations les plus intéressantes ? À leur vue, à leur contact, avec certaines technique ? Sauriez-vous décrire les sensations ?
  • Comment apaiser les sens et l’esprit durant l’after care ? Massages, couvertures douces, câlins… Que préférez vous et pourquoi ? Quels conseils pouvez-vous donner ?

Chacun était libre de s’exprimer en écrivant sa pensé sur des morceaux de papier, rassemblés, lus et débattus par toute l’assemblée. Les questions sont reportées ci dessous en bleu, les réponses retranscrites de la façon la plus neutre possible. 

La sensualité est au BDSM ce que l’obscurité est à la lumière ce que le Ying est au Yang. L’un ne peut pas exister sans l’autre. Il n’y a pas de douceur sans connaître la douleur.

« Je ne suis pas d’accord : il peut-y avoir de la sensualité hors BDSM »

« C’est une opposition : « la sensualité c’est l’ éveil des sens », et pour moi le BDSM est sensuel même dans les pratiques les plus hard (tel que le bloodplay) »

Ying et Yang ne sont pas en opposition mais complémentaires. Heureusement la sensualité est en dehors du BDSM.

J’alterne des moments de contraintes, parfois dures, avec de la douceur et du relâchement, pour mettre les contraintes en valeur.

La sensualité est le lien qui me relie à l’autre et à ma propre humanité alors que je lui fait subir des outrages verbaux, physiques, moraux … La nécessaire connexion pour ne pas se perdre dans la dureté des mots, des actes et des situations pour garder l’aspect ludique et plaisant

Pour apaiser les sens et l’esprit quoi de mieux qu’une douche à deux … ?

« Je fais très mal donc Je fais des massages, je soulage ainsi mon partenaire »

Pour moi le  mélange et l’alternance de douceur et de contrainte semble naturel. Sûrement pour le petit côté « tantrique »

Pour l’une des participantes les moments sensuels permettent de faire redescendre la pression.

« C’est intéressant parce que nous on fait le contraire : On monte vers l’orgasme par de la douceur et de la stimulation mais on bloque avec de la douleur. »

Pour moi, ressentir la sensualité c’est quand mon identité atteint le point culminant de symbiose, où le corps et l’âme jouissent de concert. Quand tous les sens sont en exergues et où le duo âme/corps vit chaque seconde de présent sans aucune restriction intellectuelle ni corporelle, où le duo se transcende. C’est quand la pensée des sens rejoint le touché de l’âme. Cela peut être un moment fugace ou le temps d’une nuit. De plus c’est chaque fois du renouveau, une nouvelle essence. C’est quand je nais enfin. Exprimer la sensualité, c’est créer une poudre incandescente qu’est le plaisir chez l’autre. Faire appel à mon imagination pour nourrir/remplir ce territoire âme/corps qui ne m’est pas propre. Marquer par un réveille des sens, laisser une trace en l’autre.

« Il y a réduction de la sensualité à l’orgasme : La sensualité démarre dès le premier échange (regard caresse …) c’est de base, pas un point culminant. »

La sensualité ne se fait pas tout seul, mais  à deux. Faire naître un sentiment chez l’autre et en être le miroir.

Le corset est terriblement sensuel : Il éveil d’abord le toucher par pression. Et l’ouïe (bruissement du tissus) puis tous les autres sens jusqu’à disparition complète de ma capacité de réflexion.

Le fouet, le fouet et encore le fouet et du fouet.

« On est parti de la sensualité dans le BDSM et on a plus de mal à définir les frontières du BDSM. J’aime bien l’idée. »

« Finalement le BDSM se défini par la sensualité (ce sont les sens qui sont mis à contribution). »

« On peut parler de BDSM sans parler de sensualité ça dépend ce qu’on entend par sensualité (pas douceur) »

Il y a énormément de BDSM dont certains qui se pratiquent sans sensualité :

  • Le Côté D/s est  plus cérébrale il fait donc appel à moins de sensualité
  • « C’est le côté cérébral de la relation qui m’intéresse plus que les actes. Ne pas confondre sensualité et bienveillance. »

« On fait tous la  même chose, on se fait tous plaisir de façons variées : c’est la différence avec le monde vanille. On a des vision différentes des pratiques mais on va dans le même sens. »

  • « Je suis un fervent défenseur du monde vanille. Dans le BDSM tu intellectualise la sexualité. Il ne faut pas hiérarchiser les pratiques. »
  • « Il y a plein de choses à explorer dans le monde vanille, mais moins de pratiques. Le BDSM est plus codifié. A mon sens les deux sont aussi riches. »

« La domination et la sensualité sont le Ying et le Yang. Ma sensualité s’est développé avec mon BDSM. La sensualité équilibre le côté plus « épineux » des pratiques. C’est ce que j’aime faire ressortir. »

Relation vanille / BDSM : « Qu’est ce que c’est qu’une relation vanille ? »

  • Il y a une double intérêt à cette question : arriver à une définition tout d’abord. Mais si le concept est vide et « qu’on vit bien sans » alors le concept de vanille n’a de sens que pour ceux qui font du BDSM. Le BDSM est une fabrication qui s’oppose au monde Vanille
  • « La vanille est la norme : se placer dans le BDSM c’est se placer en dehors du BDSM »

Est-ce que les vanilles ne font pas du BDSM sans le nommé ?  « une levrette sans fessés c’est comme une raclette sans fromage ». Dans une relation Vanille on peut arriver à des pratiques proches de celles du BDSM.

« Les règles font le BDSM » (par rapport aux relations vanille)

Il y a un antagonisme entre le BDSM et le Vanille.  Voir une hiérarchisation. Mais il y a aussi une porosité dans les pratiques. Et un jugement moral du BDSM qui se veut au dessus des règles. Le « Safe Play » est autant nécessaire dans le milieu vanille. Une participantes fait remarques qu’au sein du porno le BDSM non consentit est l’image du BDSM dans le monde vanille

 

N’hésitez pas à commenter cet article et en nous disant ce que vous pensez de la sensualité dans le BDSM.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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