Kinky Lab N° 7 : Le edgeplay

Les propos ci-dessous, sont anonymes et issus d’échanges en public. Ils ont été recueillis lors du Kinky Lab – Munch à Thème N° 7 ayant eu lieu le 02 Décembre 2016 à Lyon et ayant pour thème « Le Edgeplay « . Avant de commencer cet article de notre site traite du edgeplay.

 

Chacun était libre de s’exprimer en écrivant sa pensée sur des morceaux de papier, rassemblés, lus et débattus par toute l’assemblée. Les questions sont reportées ci-dessous en bleu, les réponses retranscrites de la façon la plus neutre possible.

Qu’est ce que le Edge Play ?

  • Des pratiques plus dangereuses, qui peuvent vraiment blesser et laisser des séquelles.
  • Tout ce qui va avoir un impact corporel ou psychologique.
  • Des pratiques laissant des marques définitives : le branding par exemple. Ou des pratiques invasives pour le corps.
  • Des pratiques caractérisées par la radicalité de leur engagement.

Comment repérer ou montrer qu’on se rapproche ou dépasse les limites ?

« On peut utiliser un code couleurs : un safe word ou un « demi safe word » : Orange par exemple « tu es en train de dépasser les limites il faut ralentir »

En réaction un des participants ajoute: « on peut rajouter vert pour « continue ! » ou beige (la couleur du plafond) « je m’emmerde ». On parle toujours de limites mais il faut aussi dire quand ça va bien.

Quel que soient les codes il faut communiquer avec la personne avec qui on joue. On sent qu’on peut « pousser » ou pas quant on est à l’écoute de son partenaire.

Ne pas oublier non plus qu’il existe des « soft limites » (celles qui vous font peur mais que vous pourriez explorer) en plus des « hards limits »

Dépasser les limites requiert pour moi une énorme confiance en l’autre.

 » La formulation me surprend : qu’est ce que ça veut dire ? que se passe-t-il quand on « dépasse les limites » ? La limite que tu peux dépasser, si tu la dépasses, c’est que ce n’en était pas une. C’était plutôt ce que tu pensais être ta limite. »

« Chercher à repousser les limites, c’est les définir plus clairement non » ?

Pourquoi ne pas parler plutôt de repousser les limites ? on s’aperçoit qu’on peut aller plus loin.

On parle alors de responsabilité « Quand on arrive à la limite c’est à la personne responsable (le Dom) de s’apercevoir de l’impact qu’il a sur son soumis : il ne faut pas aller trop loin même si le soumis dis vert »

J’ai peu d’expérience sauf dans la suffocation … comment sécuriser ces jeux ?

  • Communiquer et utiliser le safeword
  • Trouver « un sachant », se former et obtenir des retours d’expérience
  • Multiplier les sources d’informations, poser des questions à des personnels de santés.
  • Une source pour se renseigner : Wikipedia bdsm (en anglais)

« A mon sens c’est une partie intégrante du jeu »

« Par ce que mon but c’est d’aller plus loin et ça fait partie du jeu, sans ça je m’ennuierais. Le but du BDSM c’est de se surpasser »

« Progressivité : il faut prendre le temps de se connaitre et de connaître ses partenaires, ça se construit sur la long terme. »

Comment négocier une séance « extreme » ?

Un Dom expérimenté en couple D/s avec une soumise qui le connaît bien répond à cette question « On ne négocie pas on impose. Après la personne peut se servir de son Safeword »

Les limites du Dom ?

« La maitrise de ce que tu fais pour assurer la sécurité de ton soumis (pour ne pas casser ton jouet). Prendre ta responsabilité par rapport à ce qui peut arriver (ne pas pratiquer si tu es inapte à le faire par exemple). »

Peut-on laisser ou avoir des blessures définitives

Note du rédacteur : Lors de ces échanges plusieurs points de vues sont apparus : nous avons parlé du fait de laisser des marques pendant les séances, avec des degrés plus ou moins importants, les marques, ou séquelles pouvant être subies ou voulues. 

« C’est une question de choix personnel mais ce n’est pas quelque chose que tu vas faire à la légère : ça demande de l’implication »

« Certaines personnes se scarifient. Ca peut-être la marque définitive d’un jeu »

Quelqu’un fait remarquer que « l’impact psychologique peut-être plus important que les séquelles physiques. »

« Ca renvoi aussi aux limites du Doms qui va prendre les responsabilités d’infliger ces séquelles »

Un participant fait une comparaison au sport extrême : « Des fois on se boite et il faut réfléchir à pourquoi. Les « marques » peuvent marquer l’expérience. »

Une soumise prend le contre-pied des points de vue précédents : « Les marques peuvent être voulues et positives. »

L’edge Play me fascine car cette pratique permet de valider la confiance que les deux partenaires ont l’un envers l’autre. De plus, l’attente des sensations (Breathplay) à la lisière de la limite est très stimulante pour les deux partenaires. 

Quelles sécurités supplémentaires sont à prendre dans le cadre du Edgeplay ?

Mettez en place un Safeword corporel :

  • Pour le breathplay le soumis gardera la main levée. En cas de problème (ou si il s’évanouit) sa main retombera automatiquement.
  • Si le soumis ne peut pas parler, demandez lui de se racler la gorge,
  • il peut aussi vous serrer la main,
  • ou tenir un objet sonore qu’il pourra lâcher en cas de besoin.
  • Prenez des cours de secourisme et initiez vous aux Premiers secours
  • Attention : lors d’une séance de Breathplay, on ne doit pas comprimer la trachée !

« On parle de rôles, des limites, mais est-ce que les limites ne sont pas à l’intérieur de la relation ? Sécuriser la relation : Je n’utilise pas de safeword. »

R. fait alors remarquer que « le safeword n’est pas un échec. Il permet de mettre en pause la séance. ». A cela S. répond : « C’est présomptueux de la part d’un dom de dire qu’il n’est pas en situation d’échec : si ça foire c’est de la faute de l’autre. » R. répond qu’il est toujours en situation d’échec. « Le but de la relation c’est d’arriver à connaitre l’autre quoi qu’on fasse ». S : « j’ai un safeword mais je ne veux pas l’utiliser (c’est comme le trapèze volant : le but c’est de ne pas tomber).

Un Dom explique alors qu’il essaye d’arriver au déclenchement du safeword de sa soumise. Ce à quoi elle répond « Moi mon but c’est de ne pas le dire »

N’hésitez pas à commenter cet article et en nous disant ce que vous pensez du edgeplay et éventuellement pour réagir aux propos tenus lors de ce KinkyLab.


Le prochain Kinky Lab aura lieu le vendredi 20 Janvier au bar « Les Feuillants 2.0 », petite rue des Feuillants à Lyon. Le thème sera « La domination Féminine ».

 

 

Laisser un commentaire