Mon point de vue d’hétéro cisgenre sur la domination féminine

Vendredi 13 janvier dernier s’est déroulé notre munch mensuel. Un munch dont le thème était la domination féminine. Thème intéressant, a priori simple à aborder, et qui a pourtant provoqué beaucoup d’émotion et a finalement fait couler beaucoup d’encre électronique. Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, je vous renvoie au compte rendu se trouvant ici.

Parlons d’abord de la forme : Lors de cette soirée il y avait peu de dominas. Les questions ont donc tournées autour de la domination purement féminine pour se recentrer sur la soumission (les soumis étant plus nombreux) et pour n’aborder la domination des femmes que sous un angle externe de rareté et de vénalité. Par manque de représentation (Domina / personnes soumises à des Dominas) par manque de témoignage « de première main ». Ce qui a laissé la place à « la vision qu’on a de la domination féminine », et au final pour certain l’impression d’un débat inintéressant et pour d’autres l’impression d’une grande violence à l’égard des Dominas. (Une violence qu’on peut ressentir de tous côtés, à l’image de ce genre de Tumblr).

La première question à se poser c’est donc, « peut-on parler de tout dans ce genre d’événements ». Les Kinky Labs partagent avec les munchs le fait qu’ils accueillent tout le monde, quel que soit son rôle, son genre et son expérience. Et finalement, le public est majoritairement blanc, hétéro et cisgenre. À l’image de la société actuelle et de ses organisateurs (et même si le bar  où nous nous réunissons est un bar « gay friendly »). Dans ces conditions doit on par exemple proposer comme thème « genres et sexualités ? » alors que les transgenres, gay et lesbiennes sont peu représentés ? Pour moi, oui. Parce que justement, ça devrait permettre à une frange de la population pas assez entendu de s’exprimer. Et parce que si on continue à ne parler que de « nous » (les « normecores ») dans notre coin ça ne changera pas notre façon de voir les choses. On continuera à parler « de problématiques de dom cisgenre , entre dom cisgenre ».

On peut aussi considérer que certaines questions ne sont pas intéressantes mais il faut se rappeler que le public présent varie énormément et que certaines personnes n’ont aucune expérience en matière de BDSM. Certaines questions semblaient donc « à côté de la plaque » voir même comme « Peut-on être soumis et viril » ont été raillées avant d’être tout de même débattues. Mais c’est bien là le point fort des Kinky Labs : ils permettent à tous de s’exprimer. Et à tous d’entendre de ce qui est dit. De se faire une idée mais mieux encore de changer d’avis, d’évoluer dans son schéma de pensée. Je suis fier de dire qu’à Lyon ont à une communauté jeune et ouverte. Jeune par rapport à la « vieille garde ». Plus ouverte ? Disons avec un envie d’ouverture, à l’image peut être de la grosse proportion de personnes qui se considèrent en évolution ou qui switchent.

Sur le fond du débat ce que je pense personnellement de la domination féminine :

  • La domination vénale est le résultat d’une situation créée par une société patriarcale, machiste et Hétérosexuelle qui « produit » plus de doms et de soumises que de Dominas et de soumis. La domination des femmes est en conséquence un service rare qu’il est plus facile à monnayer pour elle.
  • J’aime penser que la communauté que je côtoie est à l’abri des jugements  moraux. Et pourtant en ramenant la domination féminine à une affaire de sous, on perd de vue le côté domination, et on tombe justement dans un jugement moral : « ce n’est pas bien de monnayer son corps ».
  • Dans notre monde capitaliste, je ne vois absolument rien à redire a une Domme qui pratique de façon tarifé. Et d’ailleurs, combien d’hommes rêveraient de se faire payer pour dominer ?
  • Mais si je conçois que ça puisse être une façon de gagner de l’argent avant le goût et la volonté de dominer, je n’aime pas penser que cette sorte de domination puisse être un défouloir ou une revanche prise sur les hommes. Pas parce que j’en suis un, mais parce que c’est perdre encore plus de vue qu’il s’agit avant tout de domination (pour soi et pour l’autre).
  • On pourrait aussi  dire que le BDSM est genré et que la domination féminine a un goût particulier. Il faudrait alors se battre contre les stéréotypes de genre. Il n’y a pas un, mais des BDSM, il est individuel. Il varie d’une personne à une autre et notre façon de dominer dépend de notre histoire, de notre caractère, de nos goûts et de tant d’autres choses encore. Dire que la domination féminine est asexuée est donc à mon avis également une erreur. Ce serait retomber dans un travers sociétal qui nous fait croire que les femmes attendent leurs princes charmants en rêvant alors que ceux-ci troussent les serveuses à la taverne.

Si on met l’accent sur le côté vénal de la domination féminine c’est sans doute parce qu’à part ça, il n’y a pas beaucoup de différence avec la domination masculine. Outre peut-être le fait qu’il est plus difficile de trouver une Domina qu’un Dom. Et à part ça ?

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