Juger et préjuger

J’ai envie de croire que la communauté que je fréquente est plus éclairée que la société en général. Que le fait d’être des « déviants » nous rend plus apte à comprendre l’autre et accepter ses différences. Mais à de rares exceptions, nous nous construisons dans un cadre extrêmement rigide : celui d’une éducation judéo-chrétienne et d’une société patriarcale qui rejette justement les comportements déviants. Dans ces conditions, il est difficile de ne pas avoir d’a priori, d’éviter les préjugés voir même le jugement de « l’autre »

Fétichisme des couches

On préjuge parfois d’un genre, d’un rôle ou d’une pratique. On préjuge parce qu’on ne connait pas (les transgenres par exemple) ou parce qu’on ne comprend pas (les switchs qui sont à la fois dominants et soumis). L’adage dit « your kink is not your kink but it’s ok » : « ton fetish n’est pas le miens, mais c’est ok. Mais en réalité certains fetishs « peu courus » comme la scatologie où le « diaper » fetish consistant à porter des couches ne sont pas ok pour tout le monde.

On juge trop souvent les pratiques à l’aune des notre propre morale :  vendre son corps, surtout pour une femme, « c’est mal ». On pourrait croire que notre société est assez ouverte et plutôt permissive notamment à propos des différentes pratiques sexuelles. Mais certains tabous résistent et malgré tout la norme résiste : En France en 2017 les célibataires autant que les poly-amoureux sont montrés du doigts

« Puis-je m’assoir sur ton visage ? » « Seulement si tu dis s’il te plaît. »

On juge aussi les qualités de autres à l’aune de sa propre expérience  : Lorsqu’on a atteint un certain niveau de technicité il est normal d’avoir un jugement sur les pratiques des personnes moins expérimentées. Mais le jugement s’associe trop souvent à un rejet, des railleries, du dédain. Ne serait-il pas plus intéressant pour tous de pointer les imperfections avec bienveillance et de donnant à l’apprenant des clefs pour s’améliorer ?

Et on préjuge aussi trop souvent de ses propres capacités : Il est évident qu’on ne doit pas pratiquer sous l’emprise de la drogue, de l’alcool. Mais il arrive qu’on joue dans un état de fatigue morale ou physique qui pourrait nous mettre « en danger ». On pratique aussi trop souvent sans avoir toutes les connaissances qui pourront assurer qu’on garantisse notre sécurité et celle de notre partenaire


A bien y réfléchir le milieu que je côtoie est effectivement plus ouvert que la société actuelle. J’y rencontre des gens curieux, qui sont sur le chemin d’une certaine réflexion. On tombe pourtant dans le piège de « je suis déviant donc je sais ce que c’est d’être jugé ». Mais on ne sait pas forcément se départir d’habitudes de jugements rapides et de rejet. Il faut donc apprendre a désapprendre, à se défaire des filtres que la société et notre éducation nous imposent. Retrouver curiosité et bienveillance.

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