De l’échange de pouvoir à la soumination

Les relations SM sont des relations d’échange de pouvoir consentis. Loin des stéréotypes négatifs et contrairement aux rapports ordinaires dictant notre société, dans le monde du SM la soumission est une position qui vaut celle de la domination. Mais qu’arrive-t-il lorsque les rôles s’inversent. Je ne parle pas de deux personnes qui switchent et échangent leurs rôles, ou d’un soumis qui se mets à dominer : Qu’arrive-t-il quand le soumis prend les rennes et décide seul des règles du jeu ? C’est la question posée par le terme « soumination ».

 

Dans une relation d’échange de pouvoir les deux parties se mettent d’accord sur le cadre de leur relation. Le soumis lâche prise et laisse le dominant l’emmener jusqu’au subspace. Le dominant dirige la relation. C’est lui qui prend activement les décisions qui conduiront à faire progresser son soumis. Mais comme dans une conversation le flux d’énergie ne va pas toujours que dans un sens : il est tout à fait normal et acceptable pour un soumis de demander à essayer certaines pratiques ou au contraire d’en refuser d’autres. Tout comme il est normal qu’il demande plus de puissance dans les coups ou l’arrêt de la séance lorsqu’ils deviennent insupportables. Le but reste toutefois la progression et le dépassement de soi, ces demandes ne doivent pas être de simples caprices.

Il est également normal pour un dominant de se faire « malmener » par son soumis et que ce dernier lui donne du fil à retordre, le pousse dans ses retranchements et l’oblige à se dépasser. Le soumis peut avoir un côté « brat » (sale gosse), tester les limites et attendre du répondant de son dom. Une réponse adéquate du dominant (dans la discipline ou la punition par exemple) lui donnera d’autant plus de légitimité à ses yeux.

Mais la soumination ce n’est pas ça. La soumination est une forme de manipulation du Dom par le soumis. Le soumis va conduire son Dom vers un objectif qu’il aura lui seul déterminé. Une instrumentalisation du dominant qui mène au final à une absence de soumission. J’ai rencontré un soumis qui cherchait à pousser sa domina dans ses derniers retranchements. Il la testait. Orientait le jeu non pas en lui laissant les rênes mais en la drivant elle. Il feignait d’avoir mal pour voir ses réactions. Si le dominant est au courant de la manœuvre, et qu’il rentre dans le jeu de son soumis on revient à la situation évoquée au paragraphe précédent. Dans le cas contraire, la relation n’est pas cadrée, et surtout les attentes de l’un et de l’autre ne convergent pas. Et quels que soit leurs buts, il est indispensable que les deux partenaires s’y retrouvent.

La soumination est donc le signe d’une relation bancale et déséquilibrée. Et surtout d’une relations où les rôles ne sont pas assez clairement définis. Il ne faut pas confondre la soumination et la « bratitude » qui peut pimenter la relation. Au contraire la soumination est un « drapeau rouge » qui doit vous alerter et vous faire réagir. Encore faut-il pouvoir la repérer…

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