[Portrait de] Marika Leila Roux aka Gorgone 

J’ai créé ce blog pour partager mon expérience du BDSM. J’ai écrit toute une série d’articles sur les pratiques, pour ensuite aborder des questions plus abstraites. Et après avoir rédigé l’article sur QueenBaku, j’ai décidé de vous parler également de personnes que j’ai découvert ces dernières années et qui sont liées au BDSM d’une façon ou d’une autre, souvent aux cordes et au Shibari. Pour initier cette série d’articles j’ai envie de vous parler de Gorgone.

Gorgone & Loki

Gorgone  est une jeune française de 25 ans belle et talentueuse. Modèle, auto – attacheuse, attacheuse, Marika Leïla Roux est une artiste des cordes intéressante par son parcours et par son état d’esprit vis à vis du Shibari. En 2011 « un peu par hasard » elle découvre le Shibari lors d’une séance photo. Pour elle :

« Le Kinbaku ne commence pas avec les cordes. Il débute avec un coup d’oeil, un contact. C’est un frisson qui se transforme en tremblement de terre. Les fleurs repoussent toujours après un tremblement de terre. »

Naka Akira & Gorgone

Naka Akira & Gorgone

Depuis 2013 elle « performe » partout dans le monde en tant que modèle et d’enseignante et a eu la chance de croiser la route des plus grands attacheurs.

En 2014 et 2015, Gorgone est modèle d’Akira Naka, une figure emblématique du Shibari contemporain. Pour un temps elle n’a voulu se faire attacher que par lui. Elle a donc eu la chance d’étudier de très prés un shibari traditionnel et très emblématique du style Seme-nawa  (l’art de la punition et de la torture par les cordes.)

Son expérience, et le fait qu’elle soit à la fois attacheuse et modèle lui permet un regard rare sur le shibari. Elle ne se réclame d’ailleurs d’aucune école en particulier. Son travail actuel A study of falling, « l’étude de la chute » est la recherche d’une transcendance dans les cordes. Pour lui :

« Je pense que cette performance est profondément et thématiquement connecté à mon art. Elle parle de déconstruire la beauté. Elle parle du concept de « chute » comme un état d’apprentissage, de liberté et de évolution. De confinement et « d’empouvoirement ». De lâché prise et de force ».

Je vous invite à lire ce qu’elle écrit et qui reflète bien la magie qui peut se produire avec le Kinbaku.

Aujourd’hui elle souhaite présenter un shibari « moderne ». Retirer la connotation sexuelle et SM du Kinabaku pour ne conserver que la corde dans une approche épurée et « Mainstream ». Elle souhaite également faire découvrir sa vision du Shibari comme outil d’expression artistique et poétique au grand public. Elle fait d’ailleurs actuellement la première partie d’Asaf Avidan, pendant sa tournée en France. Je suis curieux de connaître la réaction du public à une première partie pour le moins inhabituelle.

En début d’année 2017 Cyril, un des piliers de la Place des Cordes à Paris est devenu son manager. C’est une excellente nouvelle, autant pour lui que pour elle : La place des Cordes est un endroit magique qui est devenu un lieu de passage obligé pour tous les amoureux des cordes, qu’ils soient attacheurs confirmés ou débutant. Elle y anime régulièrement des ateliers, le prochain workshop aura d’ailleurs lieu le 20 et 21 Mai prochain.

 

Asaf Avidan - The Study on Falling

Asaf Avidan – The Study on Falling (cliquez sur le lien pour ouvrir Spotify)

Pour suivre Gorgone sur le web :

Sur twitter :

  • @gorgonekinbaku

Sur Instagram :

Cet article n’a pas pour but d’être exhaustif. Il a plutôt pour vocation de vous donner envie d’en savoir plus et de vous intéresser à cette personne, à son monde, à ses pratiques…

3 commentaires

  • Quand je lis  » Retirer la connotation sexuelle et SM du Kinabaku pour ne conserver que la corde dans une approche épurée et « Mainstream » « , je m’interroge sur les mots « épurer » et « mainstream ». Est-on impurs s’il y a connotation sexuelle ? Le mainstream est-il puritain à ce point ?

    • J’ai lu ce que tu as écrit ici : https://fetlife.com/users/5419205/posts/4352681. Ta note fait écho à cet article et je te rejoins complètement quand tu écris « Il y aura toujours cette étincelle, ce petit frisson au bas ventre qui suit chaque première pose de corde ».

      Ici le terme épurer n’est pas utilisé dans le sens de « rendre plus pur ou supérieur », mais simplement dans le sens de « retirer » l’aspect sexuel du Shibari. Lorsque je parle d’une pratique BDSM (quel qu’elle soit) avec une personne « vanille », le sujet glisse immanquablement vers le sexe. Je comprend que Gorgone ait voulu retiré (sans pour autant la renier) cette facette du Shibari pour le présenter sous un angle plus artistique et plus acceptable pour le grand public. Le « maintsream » est plus puritain que curieux oui. On vit dans une société qui refuse encore globalement la liberté sexuelle et les pratiques alternatives…

      • Je ne sais pas dans quel sens elle a utilisé ce terme car ton article reprend en partie son site. Je ne la connais pas du tout… Et j’aime beaucoup toutes les vidéos que je vois d’elle modèle ou rigger.

        Il y a une différence entre épurer et retirer. Cela veut bien dire ce que ça veut dire.

        Un angle plus artistique est forcément moins sexuel ?

        « On vit dans une société qui refuse encore globalement la liberté sexuelle et les pratiques alternatives… » Est-ce donc une bonne idée de s’adapter plutôt que de tenter quelques combats ? Avec toute la subtilité et la bienveillance dont nous pourrions faire preuve….

        Quant à moins je vais oser parier sur le fait que le mainstream pourrait être plus curieux que puritain 😉 😀

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