[Portrait de] Misungui (Bordelle) !

Misungui est l’une des têtes d’affiche de la première soirée QueenBaku qui s’est déroulée en janvier 2017 à Lyon. Petit animal sauvage et sadique, je l’ai beaucoup appréciée en tant qu’attacheuse, et cela m’a donné l’occasion de m’intéresser un peu plus aux autres facettes de sa personnalité. Et j’ai découvert une personne à la fois très intéressante et très inspirante.

Misungui se présente elle-même comme une « Performeuse et Modèle, féministe queer et pro-sexe, anarcho-communiste, militante pour l’auto-gestion et l’auto-détermination. » Un personnage insolite (dans le bon sens du terme), cohérent dans ses paroles et dans ses actes. Elle tient son nom de « l’esprit du chat sauvage » (qu’elle a rencontré lors d’un trip sous drogue), et c’est un nom qui lui va très bien de par son côté primal. Très présente sur les réseaux sociaux, sont pseudo évolue au fur et à mesure de la suppression de ses comptes Facebook  : Excédée par une « niéme » vérification d’identité, elle rajoute un nom à son prénom en accolant Bordelle (!) à Misungui. 

Après une licence de science politique elle veux devenir professeur des écoles et s’inscrit en Master pour suivre des cours de sociologie du genre. Elle étudie alors les relations entre la pornographie et les femmes (celles qui la regarde et celles qui la font) et décide  un jour de passer de l’état de spectatrice à celui d’actrice. Elle commence alors à performer dans des spectacles Queer (elle se définie elle-même comme pansexuelle et « gender fluide ») et entre 2015 et 2016 elle tourne dans trois films « pornographiques » (République/filles du calvaires, de Sarah Devicomte, Fuck Them All, de Maria Beatty et Glimpse 16, de Roy Stuart). Misungui prend le contre-pied d’un féminisme traditionnel et utilise son corps pour faire passer ses idées. Pour elle la sexualité est un outil d’émancipation politique. Elle pose nu pour présenter une image différente, plus honnête (dit-elle) de la femme et prône l’auto-détermination, la tolérance et la liberté.

En parcourant son tumblr on constate rapidement que le SM tient une part importante dans son univers : Elle s’attache, attache également (parfois des corps « non standards » (des hommesdes femmes très rondes … ) et se fait attacher. Elle se mets également en scène dans des posture de soumission dans des jeux de cire ou de contraintes.

Le parcours de Misungui la fait sortir du système : elle laisse sa vie parisienne derrière elle, parvient à acheter un camion, et se met à sillonner l’Europe en visitant des lieux auto-gérés. Au delà de la réalisation personnelle, c’est aussi un acte politique. Pour cette anarchiste  « il semble plus efficace de construire une alternative concrète en marge, dans le but de déséquilibrer le système et de proposer quelque chose de plausible au peuple déçu, trahit, exploité, désarmé ».  Il est d’ailleurs possible de suivre sont voyage sur ce site.

Le Tumblr de Misungui :

  • http://misungui.tumblr.com/

Monster Truck ou l’éloge de la fuite :

  • http://monstertruckontheroad.tumblr.com/

Comme pour celui consacré à Gorgone, cet article n’a pas pour but d’être exhaustif. Il a plutôt pour vocation de vous donner envie d’en savoir plus et de vous intéresser un peu plus à Misungui, à son monde, et à ses idées, féministes et politiques.

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