« Natural born dominant » – la part de l’inné et de l’acquis dans la domination

Le BDSM est encore trop souvent montré sous l’angle du stéréotype genré  : l’homme est dominant, la femme soumise. On met parfois en scène des dominas, mais au delà de ça les autres rôles sont quasi systématiquement passés sous silence. Cela masque la diversité des possibles du BDSM et cela pose une hiérarchie entre les rôles : Comme on se doit d’être un « vrai homme » on se doit également d’être un « natural born dominant ». Dans ces conditions on peut se demander si on naît dominant et/ou si on peut le devenir.

Dans le milieu, plutôt jeune et assez mixte que nous fréquentons, nous rencontrons parfois des dominants (des hommes en général) qui se disent dominants depuis toujours. Posture ou réalité, ils dirigent des hommes (et des femmes) dans un cadre professionnel et dans leur chambre à coucher, car ils sont nés pour ça. Il y a aussi, nombreux, ceux qui ne se disent ni dominants ni soumis, et qui, endossant tour à tour les deux rôles, switchent. D’autres encore préfèrent ne pas se mettre d’étiquette. Ils disent alors « en exploration ». Comme nous le disions dans cet article, les rôles sont nombreux et il ne serait donc ni normal, ni très drôle de rencontrer uniquement des kinksters dominants ou soumis.

Mais prenons un autre point de vue : celui qui n’est pas né dominant mais qui le devient. On ne domine pas si on n’a pas des envies, des penchants, des prédispositions pour la domination (On ne peut pas feindre un rôle). Mais la domination n’est pas une chose évidente pour tout le monde. D’abord parce qu’on ne domine pas deux personnes de la même façon. Ensuite parce qu’au delà des goûts que nous pouvons avoir, il est nécessaire d’apprendre des techniques liées à certaines pratiques ou à la domination en général. La domination est pour nombre d’entre nous un apprentissage, quelque chose qu’on conforte plutôt qu’une évidence qu’on porte en soi.

Il existe de vrais « natural born dominant », comme il existe des leaders né. Mais ce sont des personnes rares. Comme il y a des BDSM il y aussi des dominants. Certains seront des sadiques, d’autres des sensualistes, d’autres encore des amoureux des cordes. Et la plupart d’entre nous sommes sur un chemin qu’il faut parcourir pour devenir le dominant que nous voulons être.

 

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