De la punition à la « funition »

La punition fait partie intégrante du BDSM et plus particulièrement des relations D/s. Physique ou intellectuelle, elle peut prendre bien des formes. Elle sert alors de cadre à la relation. Elle peut aussi être un prétexte à des jeux entre le soumis et son dominant. Elle a ici une toute autre dimension : On ne devrait plus alors parler de punition, mais de « funition » (un anglicisme tiré du « funishment » anglo-saxon contraction de « fun » et de « punishment »).

Notez bien que le masculin est utilisé ici par simplicité lorsque il s’agit de soumis ou de dominants. Cette convention n’est pas excluante, les exemples données s’appliquent quels que soit le genre.  

La punition est la conséquence de la transgression des règles établies entre le soumis et son dominant. La sanction est alors le geste par lequel le dominant vient réaffirmer la règle. Celle-ci doit au préalable avoir été clairement énoncée de façon de façon précise et impérative. Dans le cas contraire il y a de grande chance que le soumis soit confus, que cela mène à de l’incompréhension et à de la peur. D’autre part, la menace de la punition n’a de sens que si la punition est réellement mise à exécution : une règle n’en est une que si elle est assortie d’une sanction effective en cas de transgression. 

Le dominant cherche avant tout à faire évoluer son soumis, pas à le rabaisser. La punition à donc pour but premier de montrer au soumis ce qui n’allait pas dans son comportement. Dans l’idéal la punition aura un rapport direct avec la règle transgressée, même si la diversité des punitions n’a de limites que l’imagination (souvent débordante) des dominants.

La punition est également la conclusion de la leçon. Elle permet de passer à autre chose, de tourner la page et d’aller de l’avant dans la relation. Si la punition devient le seul moyen de se faire obéir, c’est que l’autorité n’est pas établie. La punition n’est pas sexy, ne fait pas plaisir, c’est un moyen d’apprentissage pour le soumis et un cadre pour la relation.

Dans un autre contexte la punition peut avoir un sens complètement différent : C’est alors la recherche de la punition, ainsi que sa mise en oeuvre, qui devient divertissant et sexy. Le soumis teste le dominant, cherche ses limites et veut à la fois savoir jusqu’où il peut aller et s’il peut compter sur son dom pour la remettre à sa place. Le dominant prend plaisir à la punir alors qu’il apprécie le côté impertinent de son soumis.

La provocation, la recherche des limites, l’agacement constant du dominant en quête d’une correction caractérisent d’ailleurs très bien les « brat ».

A la différence de la punition, la « funition » est une tout autre dynamique : Elle n’est alors pas sérieuse et s’apparente à un jeu et n’a plus aucun rôle pédagogique. Les marques laissées sont parfois recherchées et portées comme des trophées.

Il n’y a pas de hiérarchie entre la punition et la funition. Ce sont deux dynamiques différentes, avec des buts et des mécanismes différents. La punition a pour but de mettre fin à des actions qui vont à l’encontre des règles, la funition à instaurer des conditions propres au jeu. Il est important de bien faire la part des choses entre ces deux dynamiques pour éviter les surprises et les incompréhensions.

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