Kinky Lab N° 11 – Les pratiques

Les propos ci-dessous, sont anonymes et issus d’échanges en public. Ils ont été recueillis lors du Kinky Lab – Munch à Thème N° 11 ayant eu lieu le 21 Avril 2017 à Lyon.

 

Chacun était libre de s’exprimer en écrivant sa pensée sur des morceaux de papier, rassemblés, lus et débattus par toute l’assemblée. Les questions sont reportées ci-dessous en bleu, les réponses retranscrites de la façon la plus neutre possible.

En préambules au débat nous rappelons les règles de nos échanges :

  • Aucune intervention n’a plus de valeur qu’une autre
  • On ne se coupe pas la parole
  • On ne juge pas
  • On doit éviter les ping pong et les généralités
  • Les échanges doivent évoluer (on ne redit pas ce qui s’est dit, on fait évoluer le débat).
  • Le but n’est pas de convaincre

La cage de chasteté / la ceinture de chasteté 

« Je suis un dom et je suis un homme : ça ne me parle pas et ne me plait pas du tout ».

« Moi je suis très excité par l’idée de ceinture de chasteté pour ma soumise mais quand je m’imagine moi portant une ceinture de chasteté ça m’effraie ».

« Ca me renvoie deux choses, le jeu dangereux de la frustration qui peut être mal vécu et le sentiment fort d’appartenance « j’ai la clé de ton corps » et ça c’est très excitant ».

« Je déconseille de passer sous un portique d’aéroport avec 😉 »

« Pour moi ce n’est pas seulement posséder l’autre mais aussi l’émasculer, couper le genre, l’asexuer ».

« On a fabriqué une ceinture de chasteté avec ma soumise pour la protéger lors d’une soirée. Et je connais un soumis avec qui je pratique à distance qui adore être encagé, il y trouve son plaisir ».

Comment trouver des partenaires pour nos pratiques ?

Pour cette soirée nous avions mis en place un affichage dans la salle « je propose » et « je recherche » à renseigner.

« Je suis nouveau dans la communauté lyonnaise et je pense que c’est une question d’affinité et de chance de trouver la bonne personne qui va nous guider ».

« Je suis domina et je pense que ça dépend beaucoup de ce que cherchent les gens. Du jeu c’est assez facile a trouver, une relation sérieuse c’est beaucoup plus compliqué ».

« Il y a des sites, fetlife, bdsm.fr, le marché aux esclaves et meme adopte si on met le bon descriptif, etc C’est souvent les même sites que les autres il suffit de bien remplir sa fiche ».

« On peut prendre le risque d’en parler ouvertement et si on assume et qu’on en parle, des personnes vont se sentir à l’aise ou intriguées et venir à nous ».

« Je trouve que mettre une annonce kinky sur un site vanille donne une image malsaine parce qu’on se rabat sur les vanilles en quelque sorte ».

« J’ai rencontré un homme sur Adopte un mec et il m’a orientée vers fetlife, c’est comme ça que j’ai pu accéder au BDSM et rencontrer les gens. Comme il s’est montré j’ai pu accéder à ça alors je trouve que c’est une bonne chose au final ».

« Le bouche à oreille c’est mieux qu’internet car ce qu’on lit et ce qu’on voit est différent et ce qu’on ressent quand on s’écrit et quand on se voit est différent aussi ».

« Il existait des sites ou tout était virtuel sauf quelques rencontres organisées par les admin irl de temps en temps et pour moi ça a été une super experience qui m’a faite entrer dans la communauté. Le virtuel a du bon, apres il ne faut pas y rester cantonné pour toujours ».

« Il y a les kinky lab, les munchs, Lyon Shibari, on a de la chance sur Lyon d’avoir des occasions de rencontrer des gens ».

« Une anecdote d’un pratiquant de 74ans qui a commencé il y a plus de 50ans : il m’a dit « il y a 50ans on cherchait un magasine un peu orienté mais pas trop et on épluchait les annonces jusqu’à trouver une personne dans une autre région où un autre pays en espérant accrocher avec cette personne qui semblait un peu comme nous »

Pourquoi est ce tabou deux doms hommes qui se touchent pendant une séance ?

« Parce que deux femmes ensemble c’est bien vu c’est sexy mais deux hommes c’est moins bien vu. On assimile dominer avec être au-dessus, pénétrer ».

« Récemment j’ai dominé deux hommes et putain c’était cool ».

Les modérateurs ont coupé court à cette question qui sera traitée dans le cadre du Kinky Lab sur le genre et la sexualité.

L’humiliation, comment la vivez vous, dans quel but, jusqu’où ? N’est ce pas néfaste pour le soumis, est ce que ça entretient la haine de soi ?

« Je suis dom, je ne la vis pas je la fais vivre. Ca fait partie du jeu mais je ne pense pas que ce soit néfaste pour le soumis. Ca ne devrait pas ».

« L’humiliation pour moi c’est clairement une punition ça ne m’excite pas du tout, ça me rabaisse et me fait perdre de l’assurance car je manque d’estime et donc ça « appuie la ou ça fait mal » Alors attention les dom quand vous humiliez, assurez-vous qu’en face c’est vraiment bien vécu ».

« Personnellement c’est quelque chose qui me fait vraiment kiffer. J’aime être humiliée, utilisée, ça me déplait et quand je m’en rend compte ça m’excite encore plus. Je me détache de ma condition de femme pour devenir une soumise. Ca me dérange d’aimer ça mais je me rend compte que ça m’excite vraiment et pour moi c’est pas une punition de m’humilier ».

« Je pense même qu’il peut y avoir une valeur thérapeutique dans l’humiliation. Pour des gens qui ont un passé d’abus par exemple, mettre en scène un traumatisme autrement dans un cadre qu’on maitrise ça peut être excitant et transformer le trauma pour le dépasser ».

« Il faut bien sur créer un climat de confiance au départ et ça prend du temps ».

« Je connais une soumise qui n’utilise le bdsm que comme ça pour faire la paix avec ses démons »

« Pour moi quand on humilie il est fondamental de savoir si c’est privé dans l’intimité du couple, dans le communauté, ou visible hors de la communauté (devant un public vanille). Et selon le cas mes soumises vivent l’humiliation très différemment

« Je pense qu’en public on ajoute la notion de honte qui peut brimer et mettre mal a l’aise. On peut aller plus loin dans le cadre privé on se lâche plus ».

« Je crois que ça peut être l’inverse pour des gens qui se lâchent encore plus par l’excitation de se montrer en public ».

« J’ai un vécu de switch et j’ai vécu l’humiliation même non consentie dans mon enfance. Le bdsm m’a aidé a dépasser ça. Une humiliation consentie pour moi n’en est plus une a mon sens ».

« Avec ma soumise on écrit des scénarios ensemble avant pour aller chercher au fond de ses envies et on a mis en scène son humiliation en allant même loin. On a vécu le scénario et elle a pu me parler d’une expérience qu’elle a vécu jeune et ça l’a libérée d’en parler enfin. On débrief aussi ensuite en s’écrivant ce qu’on a vécu et ressenti ».

« L’humiliation des uns n’est pas celle des autres et oser se jeter dans ce qui nous fait nous sentir mal a l’aise peut être dangereux mas aussi très excitant ».

« Etre un objet est excitant et ce n’est pas humiliant du coup je dois définir l’humiliation pour moi : quelque chose de pas excitant qui me rabaisse. Partout ou il y a de l’excitation ca ne peut pas être humiliant pour moi. La gêne je peux la gérer et elle par contre m’excite ».

Comment faire un fist quand on a de grandes mains ?

« Lentement et avec beaucoup de lubrifiant, en prenant bien son temps. J’ai de grandes mains je ne force pas et quand ça passe et si ça ne passe pas il faut passer a autre chose. Il faut qu’on soit vraiment bien détendu pour recevoir si c’est pas le moment tant pis ». »

Trouver quelqu’un d’élastique 😉 « .

« Moi un jour par hasard j’ai trouvé un truc qui marche, j’ai mis la main dans un préservatif féminin : ma main était comprimée, bien lubrifiée et protégée ».

« Ajouter un peu de poppers (en vente en sex shop) qui dilate pendant quelques minutes a effet instantané et quelques effets secondaires (maux de têtes par exemple) et il ne faut pas le mélanger avec du viagra ». NB : La commercialisation d’un certain type de Poppers a été interdite entre 1990 et 2013. Il n’y a désormais plus aucun texte qui règlemente les poppers en France, quels que soient leurs composants actifs. Le Conseil d’Etat a annulé cette décision au motif qu’aucune étude scientifique n’est produite qui permettrait d’établir que les nitrites d’alkyle contenus dans les poppers présentent un risque de pharmacodépendance ou d’abus.

« Il existe des spray qui endorment la zone aspergée, a user avec parcimonie pour passer un cap ».

« Attention aux blessures avec l’anesthésiant car on peut recevoir des blessures sans les remarquer ».

« Par rapport au fist vaginal, c’est plus facile si on a eu des enfants car les os du bassin on appris a bouger sinon ce sera plus douloureux et demandera plus de temps et de douceur. Mais si ça ne passe pas, ça ne passe pas ».

Comment faire des transitions pour passer d’une pratique à l’autre ?

« Je domine des hommes, j’utilise un plug anal vibrant que je met en marche entre deux pratiques par exemple quand je sors mes cordes et ca marche bien c’est sympa ».

« Moi je laisse le soumis ou la soumis sans aucune sensation auditive, visuelle, de toucher pendant un petit moment ça laisse la surprise pour la nouvelle activité qui sera une bonne ou une mauvaise surprise du coup selon ce qu’on a choisi ».

« Moi j’attache surtout donc ma transition c’est la détache et la rattache ».

« On ne fait pas de coupure du coup on fait des choses simultanément, ça se chevauche même avec des transitions douces facilités par le fait qu’on joue à quatre mains ».

« On a les jouets sous la main et les transitions se font rapidement même si on n’a pas prévu des choses au départ on a juste a tendre la main vers la table de chevet et hop. Bander les yeux du partenaire est pratique pour le surprendre d’une pratique a une autre ».

« Quand on vit une relation h24 il y a aussi des transitions vie vanille / vie chocolat et cette transition peut se faire par un mot convenu, un vocabulaire précis qui nous transporte directement dans autre chose ».

« Ça peut être des gestes aussi, une main qui vient attraper mes cheveux, ramener mes bras derrière le dos, une façon d’attraper le poignet, prendre à la gorge… »

Les lames, vos ressentis, vos expériences

« On retire la cire au couteau de temps en temps sinon on s’en sert aussi comme jeu sur la sensation en variant du coté qui coupe et du coté qui ne coupe pas pour se faire peur. Pour le sang on aime bien le gant de vampire, un instrument en cuir qui s’enfile comme un gant et qui a des pointes dessus : elles percent la peau pendant la fessée ».

« J’aime l’aspect coupure griffure mais aussi les couteau c’est froid et c’est très rigolo surtout si on l’a mis avant dans un verre avec des glaçons ».

« On peut griffer et marquer sans forcément faire couler le sang avec la pointe du couteau ».

Pour les utilisateurs de couteaux et aiguilles, qu’est ce que celui qui reçoit/fait ressent ?

« Nous on l’utilise pour enlever la cire et j’aime surprendre avec le couteau en le baladant et en mettant la soumise en tension : je suis en contrôle, je peux appuyer et même si la soumise est en confiance mon comportement est suffisamment ambiguë pour qu’elle se dise « et si ? » je joue avec la limite et le coté psychologique ».

« Les aiguilles, quand je vais faire mes prises de sang j’ai peur trois jours avant. Tester les aiguilles au « Munch and play » a été un dépassement extrême de mes limites. C’était des 0,3. Dans les seins ça allait. J’ai la trouille mais après la 4eme aiguille j’étais en sueur et si on m’en avait mis une de plus je serais tombée dans les pommes ».

« Une aiguille en sous cutané c’est peu douloureux, en profondeur c’est douloureux. Ca dépend aussi de la finesse de l’aiguille et la façon de faire gentille et douce pour avoir un trou propre et la façon sadique. Si on passe simplement l’aiguille il y a la sensation, mais si on laisse la seringue on va déformer la peau autour avec le poids ».

« Les aiguilles étaient une grosse phobie. A la première séance j’ai fais un malaise, a la seconde j’ai vomis à la troisième séance j’ai tenu. Quand je suis devenue dominante ça m’a beaucoup fascinée et je conçois mieux l’attrait de mon ancien maitre pour les aiguilles. On joue avec une limite sensible, borderline, ça amène quelque chose que je ne sais pas encore définir ».

« Les lames ça fait peur, j’aime jouer avec la peur et laisser les marques. Comme on graverait un cœur dans un arbre, je grave directement le cœur sur sa peau ».

« J’ai pas peur des aiguilles, j’ai testé et je n’ai pas aimé. Ca fait mal a certains endroits et pas à d’autres. Apres coup j’ai eu un état de malaise que je n’ai pas aimé »:

« Je suis tatoueuse et le corps quand on lui fait une coupure se met en état d’alerte et la panique aidant peut provoquer un malaise vagal. C’est une infraction lourde pour la peu de recevoir une coupure. Le réseau de nerfs, la profondeur de l’insertion et la qualité de la peau influencent le type de douleur ».

-« Quand on insère un corps étranger dans son corps c’est très dangereux, l’hygiène est primordiale ».

« Je suis diabétique alors les aiguilles ça me passe par-dessus je m’en fiche. Le couteau par contre j’aime le sentir s’enfoncer dans ma peau. C’est une douleur différente, on la sent, on la sentira et on la verra longtemps derrière ».’

« Il n’y a pas que la peur, les lames c’est aussi la douleur ; la pointe, le tranchant, un coup de pommeau ».

« Je suis insensible physiquement mais par contre hyper empathique et pour moi il est plus éprouvant de lire la douleur chez l’autre que de tenter de la vivre car là je ne sens pas grand-chose ».

Urologie, comment le pratiquer, quel scenario ?

« Pour moi ce n’est pas humiliant, ça m’a plutôt fait rire. J’ai même gouté sans trouver ça dégoutant. L’aspect chaud du liquide c’est agréable sur le corps. Boire l’urine de l’autre c’est l’accepter tout entier et être possédé »

« J’utilise l’urologie à la place du sperme pour transmettre un fluide à mon soumis. Pour moi ce n’est pas drôle c’est très émotionnel et très personnel. Je ne le fais que dans un cadre de relation vraie DS. C’est un baiser. Je remplis l’anus de mon soumis avec mon urine et c’est un moment sacré ».

 » Il est difficile de faire pipi sur commande. Les premières fois on se trouve un peu bête ça vient pas. Du coup ça s’exerce et ça vient au fur et à mesure. Moins on y pense et mieux ça fonctionne ».

« J’ai une astuce pour ça, tu mets le petit doigt sous un filet d’eau froide pour te donner envie ».

« On peut le faire dans la salle de bain, je l’ai déjà fais dans la rue la nuit ».

« Les piscines gonflables pour enfant dans le salon ça dépanne bien, une bâche ».

« Sans le vouloir j’ai uriné sur mon partenaire sexuel deux fois pendant l’orgasme ».

« Sans parler de s’uriner dessus, mon jeu est de demander la permission avant d’aller faire pipi ».

Peux t on forcer quelqu’un à s’uriner dessus ?

« Petite sonde dans l’urètre c’est fait pour ça on ne peut pas se contrôler : stérile évidemment »

« Une grosse quantité de liquide et l’attacher au lit pour la nuit. Attention on ne doit pas boire plus de 3L d’un coup on peut en mourir »

« Même en buvant beaucoup on fera pipi dans plusieurs heures ».

-« Uriner sur quelqu’un c’est marqué son territoire, je croyais qu’on allait me coller la tête par terre et m’uriner dessus mais en fin de compte les gens qui pratiquent sont plus soft que je l’imaginais ».

« L’urine est stérile : sauf si la personne a une infection urinaire, s’est mal lavée… ».

« Mais ce sont des déchets et boire les déchets organique d’un autre ce n’est pas forcément ».

« une bonne idée, mais de temps en temps pourquoi pas ».

« Il y a des aliments comme les poires qui donnent plus envie d’uriner que d’ordinaire et d’autres comme les asperges qui changent l’odeur de l’urine ».

Conclusion

Quoi que vous fassiez, ayez toujours en tête la sécurité de l’autre et votre propre sécurité. Merci à tous pour la qualité de ces échanges !

N’hésitez pas à commenter cet article et à partager sur vos pratiques 


Le prochain Kinky Lab aura lieu le vendredi 19 Mai 2017 au bar La MéduZe 26 Rue Sergent Blandan à Lyon

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