[A lire] King Kong théorie 

En 1993 Virginie Despente écrivait Baise-moi. En 2000 elle le portait à l’écran. Mon premier contact avec son œuvre c’est un mélange d’horreur et d’incompréhension. Horreur devant la violence de ce film loué par une amie et regardé sans vraiment y être préparé. Incompréhension devant le message véhiculé. J’avais 25 ans et je n’avais aucune clef pour comprendre ce que je voyais. C’était il y 17 ans. J’ai relu Despentes depuis sans beaucoup d’engouement avec Apocalypse Bébé. Toujours avec une certaine incompréhension. Toujours avec une certaine distance par rapport au message de l’autrice. Mais il y a quelques semaines on m’offrait King Kong Théorie.

couverture du livre King Kong Théorie

Ca n’est pas une coïncidence si on m’a mit ce livre entre les mains : j’étais (enfin) prêt à le lire. En me l’offrant on m’a dit « ça m’a fait penser à une discussion qu’on a eu il y a peu ». king Kong Théorie est un essais de moins de 150 pages. Un ouvrage où Virginie Despentes parle à la première personne. D’elle. De sa vie. Des événements qui l’ont construite. Des femmes et de leur condition. Du viol, de la prostitution, de la pornographie. De la virilité et de la féminité. De la société. De féminisme. Et des hommes et de leur narcissisme. J’étais perplexe en tournant les premières pages, j’ai refermé le livre changé. Je reste cet homme, élevé dans la misogynie ordinaire d’une société patriarcale. Mais avec un point de vue différent, comme si j’avais passé la tête derrière le rideau et que j’avais vu l’envers du décors de notre quotidien.

« Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes et pour les autres. Une révolution bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air. »

j’ai de l’admiration et de la gratitude envers Virginie Despentes : De l’admiration pour sa façon de dire les choses et de s’adresser à tous de façon incluante et sans violence envers un genre ou un autre. De l’admiration comme je peux en avoir pour Misungui. Pour ces personnes qui ont le courage et la force d’être elles-même en dehors de ce qu’on voudrait qu’elles soient, et qui partagent cette façon d’être.

Les questions du genre et de la sexualité, ont toute leur place sur un site consacré au BDSM. On ne peut pas pratiquer sans curiosité, sans se départir de certains a priori, sans se poser de questions. Le BDSM casse les codes imposés par la société : parce que les femmes peuvent y dominer des hommes et que les hommes peuvent (enfin) leur laisser ce contrôle. Parce que l’âge, le sexe et les origines sociales n’a pas d’importance : C’est un milieu où la norme n’a pas lieu d’être et qui pourrait construire une version améliorée des codes sociaux (même si dans les fait elle a encore beaucoup de mal à le faire).

Il faut lire Simone de Beauvoir, il faut lire Despentes, il faut lire toutes ces voix qui nous apprennent à désapprendre. À comprendre ce qu’on doit déconstruire pour avoir le choix de reconstruire. Il faut lire Kong Kong Théorie.

 

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