L’abandon n’est pas un outil d’échange de pouvoir

Depuis l’enfance, l’abandon fait partie de nos peurs les plus vives. Ce genre de peur qui nous suit parfois jusqu’à l’âge adulte. L’abandon est parfois une réponse « facile » à certaines situation. Mais c’est une chose que l’on doit absolument à éviter dans une relation d’échange de pouvoir.

Certains « Doms » prétendent tester leurs soumis.es en coupant les ponts à un moment ou à un autre de leur relation. Ces pratiques ne sont absolument saines et ne prouvent en aucun cas la force du lien. Au contraire elles ne font que le fragiliser et ne visent qu’à rassurer des Doms en proie aux doutes. Les relations D/s (comme n’importe quelle relation d’ailleurs) doivent être basées sur la confiance. Ils visent à faire grandir le ou la soumis.e comme le dominant ou la domina. Un bon dominant doit avoir assez confiance en lui pour ne pas utiliser ce genre de méthode.

L’abandon peut être physique ou psychologique :

  • Lors de pratiques SM il n’est pas envisageable de laisser  son partenaire seul. Il y a bien des moments où l’on peut s’éloigner un peu et mettre de la distance. C’est même intéressant pour casser le rythme des jeux. Mais l’abandon complet n’est pas permis. Le dominant se doit d’être à tous moments en contrôle et attentif à la situation. L‘after care ne doit pas non plus être oublié. C’est un moment important, privilégié et qui fait partie de la séance elle-même. Le moment de clore ce moment et revenir en douceur dans le monde réel. Oublier cette phase c’est aussi comme abandonner son partenaire.
  • Le jeu sur la peur est une pratique très intéressante, même si on est alors carrément dans du « edge play« . On joue sur les limites, sur le dépassement de soi, on cherche à aller au delà de ses peurs. Mais selon moi on ne peut pas jouer avec la peur de l’abandon. On perdrait la dimension saine et consensuelle de la relation. (On touche là à la difficulté du jeu sur les limites : le fait de les approcher et de les repousser. D’une certaine manière on ne repousse pas ses limites, on les reconsidère. On se rend compte qu’on peut aller plus loin que ce qu’on croyait. Que ce qu’on considérait comme une limite était avant tout un jalon à franchir). Mais l’abandon reste une « no go zone ».

L’absence peut être bénéfique. Elle rime avec anticipation, elle apporte une autre dimension à la relation. Mais abandonner quelqu’un c’est lui enlever sa confiance, c’est couper les ponts, le rejeter. La présence, le soutien, l’empouvoirement sont autrement plus intéressants à mettre en pratique. Dans une relation D/s l’abandon est un « red flag ». Un indice que quel chose ne va pas et qu’il est urgent de la remettre en cause.

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