Doit on chercher à convertir les vanilles ?

Doit on chercher à convertir les vanilles ?

Pour pouvoir répondre à cette question il est nécessaire de s’accorder sur le terme « Vanille ».  A la base, il renvoie à ce qui est basic, normal ou conventionnel : Une version Vanilla est par exemple la version originale d’un programme informatique ou d’un jeu vidéo avant d’être modifié et complété par des add-ons. Par extension la vanille renvoi à une relation simple, voir très simple et prend pour certain.e.s une connotation négative. C’est une relation “plate”, et donc ennuyeuse. Je ne cherche pas ici à hiérarchiser les relations. Je ne pense pas qu’un type soit supérieur à l’autre. Tout dépend des goûts et des envies de chacun. Une relation vanille peut donc être définie en opposition avec une relation BDSM, par définition en dehors de la norme. 

Si on peut définir assez simplement une personne « vanille » (une personne ayant des goûts simples, dans la norme) on aura plus de mal à définir un archétype de « kinkster » (une personne adepte des pratiques BDSM). Tous les kinksters ne sont pas soumis.es ou dominant.es ET sadiques ou masochistes ET adeptes du bondage. Certaines personnes sont plus attirées par la contrainte, d’autre par la douleur, d’autre encore par l’échange de pouvoir (la domination ou la soumission). Chacun ses goûts. Chacun pratique son BDSM qui est loin d’être universelle.

Les adeptes du BDSM peuvent-il partager leurs goûts avec des vanilles ? bien sûr ! Les faire devenir un peu moins Vanilles ? je pense. Les convertir ? Mais les convertir à quoi ? A l’exploration d’une sexualité alternative ? A l’échange de pouvoir ? ou à la recherche du plaisir qu’on peut ressentir dans la douleur ? Je suis convaincu qu’on ne peut pas aller à l’encontre de la vrai nature des gens. Je ne pense pas qu’on puisse aimer la douleur, l’aimer vraiment si on n’est pas masochiste. Qu’on n’arrivera pas à se soumettre si on n’arrive pas à lâcher prise. Mais comme pour la cuisine on peut évoluer dans ses goûts et découvrir que oui finalement on aime être contraint.e ou trouver du plaisir dans la douleur, que ce soit en la donnant ou en la recevant.

Comme dit la chanson : « I ain’t here to break ya. Just see how far it will bend »* Je ne ne pense pas qu’on puisse « convertir » qui que ce soit aux pratiques BDSM. Mais on peut éveiller nos partenaires. Les faire évoluer vers des pratiques moins conventionnelles, une sexualité moins standard. C’est un voyage que nous kinksters avons entrepris, allant de découvertes en découvertes. Et c’est un voyage que nous pouvons faire à deux.

* »Je ne suis pas là pour te casser, juste pour savoir jusqu’où tu peux plier ». Make it Chu – Queens of the stone age

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.