[Les rôles] Etre un (bon) Dominant

Lorsqu’on se demande ce qui fait un bon dominant on risque rapidement de tomber dans des clichés et des lieux communs. L’image populaire du dominant est celui d’un l’homme d‘affaire, riche et à qui tout réussi. Cette description correspond peut-être à un archétype précis de dominant qu’on retrouve depuis très longtemps dans la littérature comme au cinéma.. Mais elle est loin de correspondre à la diversité des cas possibles de « la vrai vie”. Un dominant c’est effectivement une personne “de pouvoir”. Un homme, ou une femme. Ou peut-être une personne d’un autre sexe. Une personne charismatique, et qui prend les choses en main. Et qui accompagne son soumis dans leur relation. .

Un « maître » dans l’art de repousser les limites

Dans l’absolu, tout le monde peut donc dominer. Sous réserve d’avoir envie de le faire et d’aimer ça. Dans l’acception populaire, dominer c’est surpasser l’autre à tel point qu’on l’écrase et qu’on lui prend tout, (et se soumettre un aveux de faiblesse). Mais dans une relation d’échange de pouvoir ce n’est pas le cas. S’il est aisé de dominer l’autre il est moins simple de l’accompagner, de le protéger, de le nourrir. Le but d’une relation BDSM, encore plus que dans une relation classique est de grandir et de faire grandir l’autre. Trouver sa voie et guider son ou sa partenaire.

Le « jeu » consiste à « pousser » l’autre le plus loin possible. Les limites qui ont été définies entre le dominant et le soumis ne sont pas des frontières infranchissables, mais plutôt des jalons. Des points de repères. Seules les hards limites ne doivent pas être franchies. Il faut donc être fin psychologue pour savoir quand faire les choses et comprendre la réaction de l’autre. Des pleurs peuvent être synonyme de plaisir. Des rires, au contraire, le signe d’un stress intense. Le Dominant est garant du bon déroulement des choses. Et c’est à lui qui doit s’assurer de la sécurité physique et psychologique de son partenaire, tout en se préservant lui-même.

Ni une question de sexe, ni une question de force

La domination n’a pas de sexe. Oublions l’aspect vénal de certaines dominations féminines le reste est identique. La domination n’a pas non plus grand chose à voir avec la force physique. Des femmes menues peuvent par exemple très bien dominer des hommes plus forts physiquement.  De même si le soumis est plus âgé. Je mettrai cependant un bémol par rapport à l’âge : si la valeur n’attend pas le nombre des années l’expérience est un atout indéniable. La domination peut être brutale, sensuelle, ou même totalement cérébrale. Tout dépend des aptitudes du dominant et du goût de son partenaire.  

La richesse n’a pas grand chose à voir avec la domination. Elle permet de s’offrir de beaux accessoires (des objets d’artisans et de qualité). Elle simplifie également la mise en relation des protagonistes, mais déséquilibre parfois leurs rapports. Le pouvoir est la capacité à faire. Dans le cas qui nous intéresse celle d’amener l’autre là où on veut le mener. Le charisme est donc indispensable à un bon dominant. C’est cette aura qui va donner au soumis l’envie de lâcher prise et de se livrer.

Quelques conseils

  • Soyez clairs et précis dans vos consignes : La communication est indispensable dans ce genre de relations. Exprimez vous assez fort et assez distinctement pour que votre soumis.e n’ai pas à vous faire répéter.
  • Soignez votre look : Il n’y a pas que les soumises qui doivent faire des efforts ! Enlevez donc ce jean et ce t-shirt et optez pour du cuir ou du latex.
  • Soyez sexy : corollaire du point précédent. Vous pouvez être sexy. Ne vous en privez pas.
  • Soyez créatif : Il y a tant de choses à tester. Variez les plaisirs ! Il n’y a rien de pire qu’un.e soumis.e qui s’ennuie …
  • Soyez attentif : Restez concentré sur votre partenaire du début de la séance et jusqu’à l’after-care.
  • Gardez le contrôle : C’est au dominant de contrôler la situation. Sur la séance, sur son soumis, mais par dessus tout, il doit garder le contrôle sur lui-même.
  • Soyez conscient des risques : N’oubliez jamais que les pratiques BDSM sont intrinsèquement dangereuses.
  • Apprenez : prenez des cours, regardez des tutos, faites des tests. Progresser dans la technique vous rendra plus
  • Prenez plaisir à ce que vous faite. Et partagez ce plaisir.

La domination n’est pas une chose monolithique. De la même façon il n’y a pas un seul archétype de dominant. Ne vous inquiétez pas si vous ne rentrez pas dans la case “Christian Grey”. Ne vous inquiétez pas non plus si vous n’êtes pas un “natural born dominant”. La domination est un savoir faire autant qu’un savoir être, et un domaine dans lequel on peut tous progresser.

Pour aller plus loin : L’art de dominer est un ouvrage de référence incontournable sur le sujet.

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