Le Gatekeeping et les droits imprescriptibles du Kinkster

Le BDSM devrait être un espace de liberté et de bienveillance. Beaucoup disent “Your kink is not my kink but it’s okay” (Ton fétiche n’est pas le miens, mais je le respecte) et l’absence de jugement est parfois affiché comme un dogme. Mais on est malheureusement souvent confronté au rejet de ce qui parait trop bizarre ou extrême, et à un certain élitisme.  Ce que les anglo-saxons appellent du gatekeeping, le fait d’établir des standards et des limites dans un domaine particulier. Le gatekeeper dit ce qui est vrai ou faux, sur un ton péremptoire, comme par exemple “Le bondage se pratique exclusivement avec des cordes en jutes de 8m”. Le gatekeeping est restrictif, culpabilisant et clivant car il laisse à penser qu’il a des vrais et de faux “kinksters”. 

On a de bonnes raisons de pratiquer le Shibari avec du Jute. Et 40 mètre de cordes est effectivement une longueur de corde qui s’adaptera à tous. Mais on pratique aussi avec du chanvre, de la coco, et pourquoi pas des chaines. Du moment qu’on pratique en toute sécurité pourquoi se limiter ? Le BDSM est un espace de liberté où chacun peut vivre ses envies, réaliser ses fantasmes. Un espace où tout est possible ou presque : renverser les règles de notre société, créer des espaces d’interactions hors du commun et être soi-même. On s’éloigne alors des standards et des règles établies, ce qui peut surprendre, faire peur, choquer parfois mais qu’il faut accepter.

Les 10 droits imprescriptibles du Kinkster

Pour toutes ces raisons et à l’image de ce que Daniel Pennac avait fait pour le lecteur, je vous propose donc d’établir les 10 droits imprescriptible du kinkster :

1. Le droit d’être inexpérimentéParce qu’on a tous commencé un jour !

2. Le droit de pratiquer où on veut – Chez soi, en club, en soirée , chez de amis …

3. Le droit d’être aussi vanille. – Parce qu’on peut aussi prendre du plaisir en missionnaire.

4. Le droit de ne pas tout pratiquer Ne faire que des cordes, uniquement de la bougie, n’aimer que la fessée ….

5. Le droit de mettre ou de ne pas mettre de sexe dans son BDSML’échange de pouvoir n’est pas toujours lié au sexe ou à la génitalité.

6. Le droit de faire du bondage avec des chaînesSortir des voies toutes tracées.

7. Le droit de porter des couches, de se faire uriner dans la bouche ou d’aimer le bruit des ballons…Aimer des pratiques extrêmes ou peu communes.

8. Le droit d’être exclusif Dans son couple ou dans ses relations BDSM.

9. Le droit de switcherEt de profiter du meilleur des postures de domination et de soumission.

10. Le droit d’avoir sa propre conception du BDSMParce qu’il y a autant de BDSM que de pratiquants.

Dans le milieu du BDSM on côtoie des gens différents de nous, dans leur mode de vie, leur apparence, leur catégorie sociaux professionnel. Mais en fin de compte des personnes qui nous ressemblent vraiment dans l’envie de découvrir et de prendre du plaisir. Pourquoi alors séparer les gens et leurs pratiques ? Car finalement juger les autres c’est limiter notre propre espace de liberté.

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